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L'attractivité hospitalière et l'interprofessionnalité : point de vue du CNKS

JNKS 2013 / Pierre-Henri Haller

Secrétaire Général du CNKS



Le CNKS s'intéresse à la question de l'attractivité de l'exercice salarié des masseurs-kinésithérapeutes depuis plusieurs années. Dès 2007, la CNKS a participé aux travaux de la DHOS sur "kinésithérapeutes métier sensible" et "cadre métier sensible". Les JNKS 2007 et 2008 en ont fait l'écho.
Par ailleurs, la note de synthèse du concours de directeur de soin de l'époque et les nombreuses offres d'emploi attestent d'une question réccurente. Néanmoins, si l'on définit la pénurie comme "un manque de ce qui est nécessaire", de quel manque et de quelle nécessité parle-t-on ? D'un défaut de disponibilité de professionnels, qui questionnerait la démographie et/ou d'une absence de lisibilité des besoins des patients et des établissements ?

L'attractivité consiste en la proprieté d'attirer, de présenter un attrait. Pour autant si l' "on rejoint une entreprise, on quitte un manager", (G Verrier). Ainsi, pour les employeurs, attirer ne suffit pas, il convient de fidéliser. 

L'enquête et le forum organisés en 2008 par le CNKS ont mis en exergue que les freins au salariat restent le faible salaire, la pregnance de la hiérarchie, la rigidité des institutions et la non reconnaissance des professionnels.
Les arguments en faveur du salariat sont le salaire régulier, le travail en équipe, la stabilité des horaires et la diversité de l'exercice professionnel. Ces freins et ces avantages sont sous-tendus par des valeurs professionnelles fortes qui s'inscrivent autour des notions d'adaptabilité, de respect, d'autonomie-responsabilité et d'esprit d'équipe...

Le CNKS avait alors émis des propositions destinées aux instituts de formation, aux tutelles et institutions, aux professionnels et à l'encadrement pour valoriser ces constats et les décliner en actions. Parmi ces actions, au delà de la question irrésolue des statuts et des salaires, la triade activité-stratégie-performance (E. Roussel) est une piste qui permettrait de donner du sens au travail, une responsabilité aux acteurs, un management des interactions avec le corps médical et des opportunités en terme de condition de travail et d'évolutions professionnelles.
L'interprofessionnalité, la connaissance et la reconnaissance mutuelles des acteurs constitue à ce titre l'une des clés de la co-construction de projets de kinésithérapeutes, de cadres de santé, de directions d'instituts et d'établissements.

De nouveaux élements de conjonctures modulent aujourd'hui ces analyses : La crise économique semble modifier le comportement des patients qui tendent à nouveau vers le service public. La pénurie des professionnels salariés est-elle toujours d'actualité ou dépend-elle de facteurs géographiques, de modifications ou de déplacement d'activité (interim, apprentissage...).
Les risques psycho sociaux et la question de la pénibilité au travail interrogent fortement les modes d'exercice et les institutions. Enfin, le parcours de soin des patients dessine de nouvelles modalités d'interventions des kinésithérapeutes (évaluations orientations, réseaux ville-hôpital...). 

Si le kinésithérapeute salarié est un métier "qui ne pose pas problème" aux dires des directions de ressources humaines, compte tenu d'un absentésime faible et de plaintes des usagers anecdotiques, ce métier se doit de construire des solutions innovantes pour identifier les pour quoi et les pour qui de ses actions, autant pour les patients, que pour les institutions que pour les professionnels eux-mêmes. Les kinésithérapeutes salariés ont leur attractivité et leur fidélisation entre leurs mains.


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