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Jalons sur l'activité

Article créé le 18 mars 2009 mis à jour le 16 octobre 2012

L' "activité" et le "métier" sont sans cesse re-questionnés par les contextes d'exercice et les pratiques émergentes comme en témoigne les différentes fiches métiers disponibles et ces résumés d'articles :

Fiche Métier Masseur-Kinésithérapeute selon le Ministère des Affaires Sociales et de la Santé

Fiche Métier Masseur-Kinésithérapeute selon le Répertoire des Métiers de la Fonction Publique Hospitalière

Fiche Métier Masseur-Kinésithérapeute selon l'ONISEP - Office National d'Information Sur les Enseignements et Formation

Fiche Métier Masseur-Kinésithérapeute selon le Répertoire Opérationnel des Métiers et des Emplois (ROME)


L'utilité sociale : entre l'utilité économique et l'intérêt général ? 

COTTRET Yves / KinéScope N°6, page 4, octobre 2007.

 

Les études menées par le CNKS sur métier, compétences et pratiques, en lien avec des universitaires spécialistes, ont permis de mieux appréhender ce qui fonde et révèle l'exercice salarié de la profession. Il est question d'objectiver un corpus opposable pour légitimer la kinésithérapie et les kinésithérapeutes, clarifier leurs finalités et préciser leur utilité sociale. Cette reconnaissance sociale forte s'appuie sur la détention d'un savoir professionnel ou spécifique, évolutif et adéquat à la commande sociale, ancrée sur une formation qui ancre, justifie et fait évoluer ses savoirs. Elle s'appuie en outre sur l'unicité professionnelle et la reconnaissance mutuelle des métiers, afin d'affirmer une originalité propre, et de répondre à l'ambition et la réputation sociale. Enfin, l'utilité de l'exercice professionnel se définit et se clarifie au delà des normes désuètes édictées par l'état et d'un possible repli identitaire, par une réflexion des professionnels sur l'évaluation de leur pratiques. Un tiers opérateur constitué de professionnels, en lieu et place de l'état et initié par la « délégation consulaire » ordinale, pourrait procéder à ce changement de regard qui tend vers une responsabilisation.


A propos de la démographie professionnelle, de la réforme attendue de la formation et des structures de Soins de Suite ou de réadaptation 

JOSSE Laurence / Kinésithérapeute Salarié, un métier en (r)évolution, KinéScope 2, Page 7-8 et 19-20, Décembre 2006.

 

Peu d'études sont actuellement disponibles pour rendre compte de l'impact socioéconomique et technique sur l'activité des kinésithérapeutes hospitaliers.

Le métier de kinésithérapeute hospitalier, influencé par les profondes évolutions sociétales, économiques, technologiques et scientifiques, est en (r)évolution. La démographie professionnelle rend compte de 22% de kinésithérapeutes salariés, avec une profession qui se féminise, notamment en secteur public. Malgré l'augmentation successive des quotas de formation, des nombreux postes sont à pourvoir, plutôt en secteur hospitalier qu'en centre de rééducation, en raison notamment de a faible attractivité salariale. Peu d'études sont actuellement disponibles pour rendre compte de l'impact socioéconomique et technique sur l'activité des kinésithérapeutes hospitaliers. Pour autant, l'augmentation de la demande de soins de kinésithérapie, la parution de textes concernant la présence de kinésithérapeutes qualifés en secteurs de cardiologie, réanimation adulte et pédiatrique, le développement des gardes et des astreintes, sont des indicateurs fort d'un exercice très largement influencé le caractère hétérogène des durée de séjours, très courtes en CHU et plusieurs semains en centre de rééducation. L'émergence de la traçabilité de l'activité, de l'évaluation des pratiques professionnelles influencera sensiblement les activités de rééducation.


La masso-kinésithérapie hospitalière,  Analyse d'activité  « Quels indicateurs » 

GALLIENNE Fernand. et coll. / Rapport d'un groupe de cadres masseurs kinésithérapeutes des hôpitaux de l'AP-HP, Mai 2000.

 

Un quart de l'activité des kinésithérapeutes est constituée d'activités annexes aux soins directs

Ce rapport rend compte des activités de près de 900 masseurs kinésithérapeutes un jour donné, analysant l'évolution des pratiques médicales, du positionnement des acteurs de rééducation, du contexte hospitalier. Près de la moitié des patients suivis en rééducation, ont plusieurs pathologies souvent liées à leur grand âge, ce qui induit une complexité rééducative, quels que soit le secteur ; le kinésithérapeute semble soigner un patient dans sa globalité et non pas de pathologies. Les activités de rééducations principales sont regroupées autour des soins directs des pathologies hospitalières de court séjour, de réadaptation ou de long séjour habituels : rééducation respiratoire, orthopédique, neuro-motrice, constituée de démarche de bilan-évaluation, de mise en œuvre en chambre ou sur plateau technique. Un quart de l'activité des kinésithérapeutes est constituée d'activités annexes aux soins directs : transmissions, formation, tutorat, travaux de recherche, communication, staff et relations interprofessionnelles... Les auteurs repèrent ainsi un positionnement hospitalo-universitaire et une vrai dimension identitaire de ce métier : le lien constant à une activité clinique, des activité d'enseignement, l'articulation avec les autres métiers de rééducation, les missions d'orientation et de réinsertion sociale.


Au coeur du métier, Expériences techniques et réseaux, enquête nationale sur les pratiques professionnelles

HALLER Pierre-Henri / KinéScope N°5 Au cœur des JNKS, Page 6-7, Juillet 2007.

 

Les pratiques professionnelles présentées par des kinésithérapeutes salariés révèlent d'expériences variées et créatives témoignées au cours des JNKS - rééducation des brûles, coussins de positionnement du prématuré, thérapie manuelle énergétique, activités humanitaires ou en réseaux, évaluation orientation de la personne âgée. Ces orientations techniques et pratiques sont à l'image de l'étude menée début 2007 sur plus d'une centaine d'activités de kinésithérapeutes. (Gibelli, Pilloti 2007). Cinq méta catégories enchaînées sont constitutives des activités hospitalières des kinésithérapeutes : technique / outil - Evaluation / bilan / régulation - Education / prévention / hygiène - Communication / traçabilité / Coordination / Formalisation / Coopération - Formation / Recherche. Dans ces catégories, deux tiers des actes élémentaires concernent la mobilisation et la déambulation et le respiratoire (près d'un acte sur cinq) aux dépens par exemple du massage 6%). Des champs nouveaux à caractère transversaux apparaissent : l'hygiène, la prévention, l'écriture, la formation, inscrits dans des liens inter-professionnels, image d'un métier en devenir ?


Le cerveau, la main, l'outil, entre intelligence et compétence la recherche technologique vecteur d'évolution de la kinésithérapie 

MASSIOT Marc / Kinésithérapeute Salarié, un métier en (r)évolution, KinéScope 2, Page 15-17, Décembre 2006.

 

Le monde de la santé est influencé par l'évolution technologique

Dans la kinésithérapie, une interaction opère entre cerveau et la main, dans l'idée du geste, sa réalisation, et dans l'utilisation de la main comme outil d'évaluation et de construction de connaissances. Historiquement, le kinésithérapeute a utilisé cet outil majeur et a fait preuve d'inventivité dans les multiples approches techniques qu'il a développé. Par ailleurs, le kinésithérapeute s'est doté d'outils, liés à de la réalisation de rééducation et/ou de mesure de paramètres physiologiques. Le monde de la santé est influencé par l'évolution technologique, comme par exemple l'émergence de la numérisation des images radiologiques, qui a modifié l'activité des manipulateurs en électro-radiologie. Il est probable que la technologie offre demain de nouveaux outils d'évaluation et de rééducation de la posture et du mouvement dans un environnement. Déjà des « laboratoires du mouvement » font émerger des kinésithérapeutes chercheurs en France et surtout dans les pays anglo-saxons. Liés à un développement et une ingénierie issue de recherches en sciences biomécaniques, neurosciences, sciences humaines et sociales, ces outils offriront au kinésithérapeute de nouveaux outils pour mieux rééduquer les patients.


H.A.S. Accréditations et certification, quels rôles pour les professionnels ? 

ROUSSEL Eric / KinéScope N°4, Page 13-14, Mai 2007.

 

« Le bon professionnel aujourd'hui n'est pas tant celui qui aurait les bonnes réponses aux problèmes de la pratique, c'est celui qui se pose et qui pose à ceux avec qui il travaille de bonnes questions ». (Donnadieu, 1998). Ainsi l'évaluation et la certification qui s'imposent aux professionnels est une mise en adéquation à une norme mais aussi la possibilité de présenter des démarches d'amélioration de la qualité. Revendiquer et rendre visible un travail de qualité est un enjeu pour le kinésithérapeute, en apportant des preuves et en cherchant toujours à faire mieux. Cette démarche d'auto-évaluation constante de la qualité des pratiques, difficile à réaliser, passe par une promotion qui sont bien posé de la culture de l'évaluation dans les établissements de santé et dans les instituts de formation.


Continuité des soins, professions sensibles et nouvelle gouvernance « L'offre comme déterminant du management des activités de masso-kinésithérapie »

BERTHE Johann / KinéScope N°4, Page 26-28, Mai 2007.

 

Confrontés à l'incertitude sur les activités à prioriser, voulant être présent sur tous les fronts, les kinésithérapeutes en sous-effectifs font face, seuls, à l'insatisfaction de l'usager, du prescripteur, et se découragent.

La pénurie des kinésithérapeutes salariés est une réalité. En début 2007, 8,5% des postes parisiens étaient déclarés vacants, mais la réalité traduit des situations très diverses : certains établissements affichent complet et d'autres n'ont que la moitié de leur effectif. Les travaux actuels de la DHOS sur les métiers sensibles, l'augmentation du numerus clausus, les facilitations d'autorisations d'exercice, l'attractivité et l'accompagnement vers l'autonomisation de la profession, ouvrent une réflexion sur l'offre de la kinésithérapie et détermine une nouvelle approche de ses activités. Confrontés à l'incertitude sur les activités à prioriser, voulant être présent sur tous les fronts, les kinésithérapeutes en sous-effectifs font face, seuls, à l'insatisfaction de l'usager, du prescripteur, et se découragent. Circonscrire l'offre et répartir le volume de prestations de façon équitable, en lien avec les pôles demandeurs, nécessite de déterminer des profils de malades à rééduquer, de créer un espace d'autonomie pour le professionnel, de préciser les partenariats avec les équipes soignantes, et d'évaluer les impacts de ces actions. Ainsi s'explique l'attractivité de certains hôpitaux « magnétiques », dans lesquels la nouvelle gouvernance redonne de l'espoir, redonne de la valeur de l'activité raisonnée et trace de nouvelles voies de reconnaissance.


Du droit à l'information du patient au développement de nouvelles compétences socioprofessionnelles

MICHON Daniel / KinéScope N°4, Page 19-20, Mai 2007.

 

Le droit à l'information du patient, inscrit dans la loi du 4 mars 2002 a fait passer le patient objet de soin à un patient sujet de droits. (Evin, 2007). L'information au cours d'un entretien individuel sur les thérapeutiques engagées et leurs risques, le respect de la volonté de la personne sur ses soins et le consentement éclairé avant tout acte ou enseignement clinique a établi un équilibre entre les droits individuels de la personne et la déontologie professionnelle. Pour les établissements de soin, se développe un réelle culture de l'information, mais aussi de promotion des droits. Les enquêtes de satisfaction, le développement de support écrit conjoint à l'information orale, l'auto évaluation sont des approche d'amélioration de la qualité. Pour le professionnel, il s'agit d'acquérir de réelles compétences socioprofessionnelles, par une formation à l'information, et ce dès les premiers stages de l'apprentissage professionnel.


La contractualisation comme outil de management : exemples concrets

BENFRADJ Ayed, GARDENT-GERBEAUX Pascale / KinéScope N°6, octobre 2007. Page 13-16.

 

La rééducation est une activité transversale. La nouvelle gouvernance, les délégations de gestion qu'elle entraînent, responsabilisent les acteurs de soin. Les projets de service et la contractualisation avec les services de soin conduisent à une amélioration de la qualité. Cette contractualisation structure et identifie les compétences et expertises des professionnels et cherche à mieux répondre aux besoins des patients et de leurs familles. Une analyse des pratiques, en terme de qualité et de quantité de prestations, est réalisée au sein des services de rééducation et débouche sur une formalisation écrite des pratiques de kinésithérapie. Une contractualisation est alors établie sur le mode demandeur / prestataire, sur la base de pratiques validées, utiles et réalisables. Cette démarche mobilise les kinésithérapeutes autour de nouvelles logiques de soins, de pratiques et d'organisations plus fluides visant une cohérence et une efficience.


Promouvoir la recherche en kinésithérapie : une nécessité socio-politique et économique 

GOSSELIN Pascale / KinéScope 1, Page 15, Octobre 2006.

 

La kinésithérapie n'est pas identifiée en France comme une discipline scientifique, ni dans ses pratiques, ni dans son dispositif de formation

 Traditionnellement les kinésithérapeutes n'étaient pas tenus à démontrer l'efficacité de leurs pratiques professionnelles, répondant à la seule obligation de moyens et non à une logique de résultats. Ainsi la kinésithérapie n'est pas identifiée en France comme une discipline scientifique, ni dans ses pratiques, ni dans son dispositif de formation, dans un contexte où la Haute Autorité de Santé exige une évaluation des pratiques professionnelles en regard de références opposables. Pour la formation initiale et continue est prégnant l'enjeu de la constitution d'un corpus, de méthodes et d'outils qui permettent aux professionnels de questionner leurs pratiques, de rendrent compte de résultats scientifiques, de relever le défi socio économique des soins de rééducation.


Recherche et référentialisation métier, un processus de co-construction

ROUSSEL Eric / L'année de la recherche, Collection pour la Kinésithérapie, 2005, Page 99-102.

 

La recherche vise la compréhension (Dilthey) et/ou l'explication. Ainsi la recherche voue à ses objets une transparence simplifiante, découpant et analytique, mais aussi une compréhension par le chercheur-clinicien la relation avec son objet de recherche (Ardoino). Afin de procéder à une référentialisation (Figari) du métier de kinésithérapeute, il convient de dépasser les référentiels, souvent établi sous forme d'objectifs, de normes ou de capacités, et de situer le métier, la compétence au sein d'un cadre théorique, afin de recueillir de cette réflexion une compréhension du contexte de l'exercice. Ce processus permet pour une profession d'organiser sa reconnaissance, en maîtrisant son système d'évaluation et de contrôle en produisant son propre corpus de connaissance. Il s'agit donc pour les masseurs-kinéisthérapeutes de co-construction : élaborer des référentiels professionnels, recommandations de bonnes pratiques et code de déontologie et développer une véritable activité scientifique autonome, par un engagement dans des processus et procédures de recherche.


Coopération au service des patients : duité ou dualité de l'intrapro et de l'interpro

FAROULT Magali / KinéScope N°4, Page 22-24, Mai 2007.

 

l'interprofessionalité serait une piste pour mettre en dialogue le rationnel et le sensible au service des usagers et des acteurs

Inscrite dans des réflexions sur la professionnalisation et la pratique professionnelle, entre « accorder de la valeur à » et « donner à voir », laisser de la place à l'autre, le connaître et le reconnaître, et accorder de la place au patient, la coopération entre professionnels est-elle effective, au delà des intentions, dans la « prise en charge globale » ? Les notions de pluri, multi, trans , inter - discipline, profession, inscrivent la coopération et le lien selon des modalités très différentes. Ces liens peuvent êtres déclinés dans l'écriture, à condition pour le professionnel de s'autoriser, et de risquer l'évaluation de ses pratiques, d'inventer des modalités pour les rendre visibles et lisibles à d'autres cultures professionnelles de soin. Il s'agit d'une intelligence relationnelle (Bonnet, 2005), fondement d'une intelligence sociale, à portée individuelle et collective. Favorisée par le cadre de santé, l'interprofessionalité serait une piste pour mettre en dialogue le rationnel et le sensible au service des usagers et des acteurs par des compromis entre individuel et collectif, entre place et liberté pour gagner collectivement. Le collectif hétérogène est riche de ses individualités, reconsidérant le patient comme un tout ; l'acteur prend du plaisir et l'organisation est apprenante (Mallet, 1996). Cette « inter-professionnalisation » passe par des compétences communicationnelles et relationnelles, passant du savoir faire aux savoirs devenir du professionnel et de sa pratique.


L'écriture et les masseurs-kinésithérateutes salariés et l'écriture « connectée » des masseurs-kinésithérapeutes hospitaliers 

PILOTTI Anne / L'année de la recherche, Collection pour la Kinésithérapie, 2003-2004, Page 25-32.

 

L'écriture des masseurs kinésithérapeutes salariés, que ce soit sur des supports papier ou informatiques dans les dossiers de soin, augmente la lisibilité de l'exercice professionnel. Depuis les années 2000, il est observé une augmentation progressive des écrits, conférant aux professionnels une vision différente et une place nouvelle dans l'institution. L'écriture a en effet des conséquences sur les actions et l'organisation du travail, l'écriture ne sert pas le malade seulement individuellement mais abouti à une amélioration de la qualité des soins. S'il existe encore de résistance à l'écriture moment défensif, offensif, intégratif pour la « semi profession » des masseurs-kinésithérapeutes, un réel changement des pratiques s'observe. L'écrit des professionnels, commandé par l'institution, s'en échappe pour être « donné à voir ». Ecrire nécessite de devenir auteur et de s'autoriser. L'identité des professionnels et leur sentiment d'appartenance, lié à leur rapport au corps à corps et la culture de l'oralité, est alors en mutation.