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Mobilité intra hospitalière : compétences spécifiques et compétences partagées

JNKS 2013 / Georges El Ghobeira

Cadre de santé kinésithérapeute



Cette étude sur la mobilité avait pour but de mettre en évidence les conséquences de celle ci sur le personnel et de vérifier l’hypothèse selon laquelle la mobilité serait une source d’enrichissement et de motivation au service du patient.

Après un cheminement à la fois théorique et documentaire, et d’après l’enquête sur le terrain je peux conclure de la sorte :

La mobilité accompagne le changement, favorise l’appropriation des valeurs d’engagement, d’innovation et d’esprit d’équipe. Elle contribue à développer les savoir-faire, fédère les enthousiasmes, encourage les initiatives, la curiosité et, bien sûr, le développement de soi. La motivation et la curiosité sont les moteurs de l’épanouissement et de la réussite.

La mobilité, en effet, permet à chacun, de s’enrichir de compétences nouvelles, de découvrir de nouveaux éclairages par rapport à ses pratiques et d’être plus réactif face à l’évolution de ses activités au profit du patient.

Toute mobilité engendre un changement. Face à chaque changement, selon son importance et ses circonstances, les réactions qui se succèdent auront plus ou moins de conséquences.

Le propre de l’homme est de s’adapter pour rester organisé, c’est à dire rester vivant. En premier il va résister au changement, puis vaincre cette résistance. Pour ce faire il vaut mieux vivre le changement que de finir par le subir. Vivre ce changement c’est faire de la mobilité « une bonne affaire ». Il ne suffit pas que le cadre de santé comprenne seul le changement et son intérêt, mais il est nécessaire de partager en équipe cette compréhension. Cela permettra à chacun de participer à l’élaboration de cette mobilité. Il est aussi fondamental d’anticiper en sachant écouter et prendre des décisions. L’essentiel est de trouver un équilibre entre ce qu’il faut faire pour l’institution et ce que nous voulons.

Pour cela il me semble que la formation doit être au premier rang des préoccupations du cadre en la mettant en place en fonction des besoins du service. Cette formation doit être continue car elle est le seul moyen de se mettre à jour. Elle permettra aux agents de mieux se préparer et d’accepter la mobilité sans avoir peur de ce qui les attend dans leurs nouveaux postes. D’où l’importance du rôle du cadre de santé.

Le cadre de santé est un cadre certes, mais de santé avant tout. La mobilité et le changement, que le cadre doit gérer, ont pour but d’augmenter la motivation et de développer les compétences des soignants, de garder l’esprit d’équipe et de réduire le malaise, sans oublier le malade. Le malaise et la routine dans une équipe de soins n’engendre jamais la qualité de la prise en charge du patient.

Cette mobilité dont nous avons de plus en plus besoin conduit au changement pour permettre le progrès et améliorer la qualité de soins que nous voulons offrir.

Etre réticent à la mobilité, c’est limiter l’enrichissement qu’elle peut nous apporter. C’est également se confronter au risque d’une déduction à quelques domaines de compétences et / ou d’activités.

La mobilité, avant tout, comme l’évolution de son parcours sont l’affaire de chacun. C’est donc au cadre et à l’établissement de créer l’environnement le plus favorable et le plus dynamique pour encourager et faciliter cette démarche personnelle.

Au moment où la mobilité devient un levier d’enrichissement et à l’heure où nous commençons à parler de la spécialisation, quelle serait l’influence de l’une sur l’autre ? Cette question mériterait de faire l’objet d’une nouvelle étude.



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