Un premier constat : le programme de formation date de 1989 !! La formation initiale en masso-kinésithérapie doit être la seule à n'avoir pas subie de réforme en 20 ans si ce ne sont quelques modifications concernant le diplôme d'Etat !
Heureusement que les instituts de formation ont su s'adapter et faire évoluer le contenu du cursus de formation, suivant ainsi l'évolution de la profession.
Cette réforme, « réingéniérie du diplôme », était donc très attendue.
La méthodologie employée parait séduisante, partant d'un « référentiel activités » (quelles sont les activités développées par un kinésithérapeute dans le cadre de sa pratique), puis élaboration d'un « référentiel compétences » (quelles compétences faut-il pour exercer ces activités), puis un « référentiel formation » (quelle formation faut-il pour acquérir ces compétences).
Ceci va entraîner au niveau des IFMK un bouleversement dans la façon d'envisager la formation. Nous allons passer d'un enseignement modulaire, cloisonné, à une formation où l'entrée se fera par les compétences.
On peut cependant en regretter la forme qui vise à lisser l'ensemble des professions paramédicales et à les faire rentrer dans un même « moule », celui d'un programme en 3 ans, correspondant à un niveau L3. On pourrait en être satisfait si l'on considère la reconnaissance actuelle de notre diplôme à Bac +2.
Mais en fait cette réingiéniérie ne s'intéresse absolument pas aux modalités de sélection pour l'entrée en formation. On sait que depuis 1989 existent des expérimentations (...) avec PCEM1, avec ou sans complément de formation, expérimentations qui intéressent maintenant les 2/3 des IFMK. Les étudiants de ces IFMK ont un cursus qui dure en fait 1+3 ans.
La future « L1 Santé » n'intègre pas les kinésithérapeutes mais il semble que ces dispositifs dits d'expérimentations pourront perdurer dans le futur toujours en conventionnement local.
La réingéniérie en cours ne s'occupe pas de la sélection. Que deviennent alors les 60 ECTS que nos étudiants auront validés lors de cette « L1 Santé » puisqu'ils vont sortir avec un niveau L3 donc 180 crédits ?
Il aurait peut-être fallu observer ce qui se passe chez nos voisins pour revoir l'ensemble de la formation en termes de sélection et de contenu. Faut-il se démarquer des autres professions paramédicales en prenant en compte ces dispositions en place actuellement et en offrant à nos étudiants une sortie en M1 voire en M2 si l'on tient compte de la densité horaire des études et en y incluant une véritable formation à la recherche avec mémoire à la clé ?
Juste un mot sur la réforme de la formation cadre, réforme qui n'est pas récente puisque datant de 1995.Il a été souvent dit que cette formation ne formait plus de cadres formateurs en instituts. Dans cette formation il y a un module entier consacré à la formation (module 5 « Fonction de formation ») et certains IFCS, en plus, ont passé partenariat avec l'université permettant à leurs étudiants de sortir avec leur diplôme de cadre et une licence, voire un M1, en Sciences de l'Education. Ceci me semble être tout à fait en adéquation avec le secteur de la formation ...
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