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9 juin 2020

Etats généraux de la kinésithérapie

  

Ségur de la Santé : des pistes pour sauver la kinésithérapie

 

 

L’ensemble des représentants des 100 000 kinésithérapeutes et des 12 000 étudiants en kinésithérapie prennent unanimement acte de la volonté du gouvernement de bâtir les fondations d’un système de santé « plus moderne, plus résilient, plus souple et plus à l’écoute de ses professionnels ».

 

Ces représentants font l’amer constat d’une situation dramatique, dégradée tant dans l’exercice libéral que salarié, maintes fois dénoncée auprès des autorités restées pourtant silencieuses : études de plus en plus chères, croissance démographique incontrôlée, diminution progressive massive et constante des effectifs de kinésithérapeutes des établissements de santé et médico-sociaux, démantèlement progressif des rôles et missions des kinésithérapeutes au profit de non professionnels de santé, profession négligée par les autorités qui l’oublient souvent dans leurs rapports,  rémunération insuffisante des salariés et des libéraux, font le lit d’une déconsidération croissante. Une situation aboutissant par exemple à l’exclusion de kinésithérapeutes des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) au cours de la crise Covid-19, alors même que l’OMS en 2017 invitait les Etats à « créer un leadership et un soutien politique fort en faveur de la réadaptation aux niveaux mondial, national et infranational ».

 

La kinésithérapie est en péril, ce qui occasionne une perte de chance pour les patients ainsi que des dépenses qui pourraient être évitées. En conséquence, le gouvernement et les tutelles doivent prendre leurs responsabilités et mettre en place les mesures suivantes pour revaloriser la profession.

 

Formation initiale :

  • Accélérer le rapprochement avec l’université et permettre des études à frais universitaires.
  • Reconnaitre le grade de master en kinésithérapie et mettre en application les pratiques avancées en kinésithérapie. Accéder au corps des enseignants hospitalo-universitaires.

 

Rôle et reconnaissance :

  • Abandonner la différentiation corporatiste entre professions médicales et auxiliaires médicaux.
  • Intégrer la kinésithérapie comme soin de recours essentiel dans la politique de santé publique au même titre que la médecine, la pharmacie, l’odontologie et la maïeutique.
  • Permettre aux patients d’accéder sans prescription à la kinésithérapie.
  • Renforcer les rôles et missions des kinésithérapeutes dans la santé publique en les intégrant dans les consultations d’urgence, dans la protection de la santé en entreprise et en milieu scolaire en créant des postes de kinésithérapeute du travail et kinésithérapeute scolaire, et comme coordonnateurs notamment dans les EHPAD.
  • Diversifier les profils des cadres dans les organismes publics afin d’assurer la présence de la kinésithérapie : haute autorité de santé, assurance maladie, agences régionales de santé, etc.

 

Valorisation de la profession :

  • Garantir une rémunération décente des kinésithérapeutes libéraux et salariés en adéquation avec leur niveau de qualification et les standards Européens en la matière.
  • Permettre une diversification de carrière avec les pratiques avancées en kinésithérapie, l’accès au corps des enseignants hospitalo-universitaires et la création d’un corps de cliniciens chercheurs.
  • Elaborer une politique de recrutement attractif et de fidélisation pérenne dans les établissements de santé avec des perspectives d’évolution de carrière tant en déroulement de carrière qu’en plan de carrière afin de pourvoir aux 3500 postes vacants et prévenir les départs à la retraite.
  • Développer l’interprofessionnalité et renforcer les liens ville hôpital.

 

 

La situation actuelle est le résultat de plusieurs années de négligence. Les kinésithérapeutes attendent du Ségur que les autorités prennent conscience de l’impérieuse nécessité d’écouter la profession afin de lui permettre de garantir aux deux millions de patients soignés chaque jour la qualité et la sécurité indispensables à leur prise en charge.

 


pdf accessible en ligne ici

Contacts presse

 

CNKS : Pierre-Henri HALLER, président : presidence.cnks@gmail.com - 06 62 37 08 03

 

 #SEGUR DE LA SANTE l’occasion de (re)valoriser l’ensemble des acteurs hospitaliers au rang desquels les kinésithérapeutes & de repenser la Réadaptation

 

Le Collège National de la Kinésithérapie Salariée, en marge d’autres composantes de la profession, attire l’attention des pouvoirs publics, des tutelles et des organisations représentatives des salariés, sur les 7 impératifs qu’il juge nécessaires et indispensables pour valoriser le métier de kinésithérapeute salarié, en termes de carrière et en termes d’utilité sociale et médico-économique.

Pour le CNKS la revalorisation du salaire de l’ensemble des hospitaliers et au sein de ceux-ci l’ensemble des soignants paramédicaux des Hôpitaux publics et privés est indispensable et incontournable pour maintenir la confiance …et l’était déjà avant la crise ! Un salaire d’embauche à 2.000€ nets serait la juste reconnaissance du niveau d’études et de qualification de ces professionnels.

Cependant cette juste revendication nécessaire pour conforter l’attractivité théorique de l’Hôpital, fleuron et fer de lance de l’excellence de notre système de santé malgré ses nombreuses insuffisances, ne se suffit pas pour être totalement efficiente.

Pour le CNKS la question de l’attractivité est aussi et surtout un sujet de fidélisation quelle que soit la Profession de santé, médicale ou paramédicale.

Dans ce cadre les travaux menés depuis 25 ans par le CNKS (et antérieurement par l’ANKS et le SNKS dont il est issu) dont entre autres mais notamment la monographie Kinésithérapeute métier sensible du Ministère de la Santé , nos propositions de chantiers - à mettre en oeuvre pour pérenniser et potentialiser une dynamique de Réadaptation d’excellence - sont résumés dans les 7 impératifs ci-après qui devraient s’inscrire dans les réflexions des pouvoirs publics, des fédérations patronales et des organisations représentatives des personnels :

1) rendre les études gratuites , par des dispositifs croisés de financement état-région-employeurs, pour éviter le tropisme libéral sous la seule raison du remboursement de frais d’études ;

2) d’attribuer le grade de master au DE obtenu en 5 ans d’études ;

3) revoir le déroulement de carrière c’est-à-dire la grille indiciaire et l’avancée d’échelons dans les grades et donc le salaire comme évoqué en liminaire ;

4) revoir aussi le plan de carrière c’est-à-dire prévoir la possibilité, parallèlement à la voie de l’encadrement, de la reconnaissance d’une nouvelle diversification de grades et fonctions : des fonctions de praticien chercheur, d’enseignant chercheur et des fonctions de pratiques avancées valorisant une expertise clinique acquise par un engagement de haut niveau dans des pratiques orientées et des parcours de formations complémentaires ;

5) revoir les conditions de travail du métier de kinésithérapeute hospitalier :

  • repenser et améliorer dans le cadre et à l’échelon de chaque hôpital une véritable démarche de l’accueil-accompagnement des étudiants et valoriser l’engagement des professionnels dans cette dynamique ;
  • instaurer des quotas de patients par kinésithérapeute en fonction des disciplines et unités fonctionnelles auxquelles leur activité est rattachée ;
  • instaurer pour le kinésithérapeute temps plein,
    • dans le temps de travail hebdomadaire et à raison d’un quintille temps, le droit et le devoir en fonction des domaines d’appétence et d’excellence du kinésithérapeute d’une participation à une activité connexe à l’activité principale soit en regard du domaine professionnel soit en regard de domaines transversaux institutionnels ( dans les deux cas formations cliniques comme dispensateur ou bénéficiaire, recherche, douleur, équipes mobiles et had, comités spécifiques, …. ;
    • hors et au-delà du temps de travail, mais dans la limite du temps de travail maximal autorisé, la possibilité sur la base du volontariat d’un exercice complémentaire libéral ou d’heures supplémentaires ;
  • recentrer l’activité principale des MKs sur leurs actes à haute technicité ajoutée et à forte valeur ajoutée par la création d’assistants en soins de rééducation issus d’aides-soignants (modèle assistant de soins en gérontologie) non concurrentiels de la profession par leur polyvalence auprès de l’ensemble des professionnels de rééducation ;
  • favoriser, à l’échelon de l’hôpital ou du GHT selon les effectifs, le soutien, la promotion et le développement d’un encadrement de la filière rééducation, garant d’une dynamique, d’une adaptabilité et d’une synergie au sein de l’ensemble des équipes hospitalières ;

 

6) valoriser l’interprofessionnalité comme levier de la qualité de vie au travail dès la formation initiale, dans la formation continue et tout au long de la vie professionnelle ;

7) repenser complètement en interprofessionnalité, et en lien avec les professionnels de santé libéraux l’organisation d’une filière coordonnée des Professions Alliées au service d’une nouvelle Stratégie Nationale de Réadaptation, de l’hôpital à la ville et vice versa, au coeur des territoires

Le CNKS, qui reste à l’écoute et disposition de toute partie prenante à la refondation du système qui souhaiterait dialoguer sur ces propositions, appelle de ses voeux une convergence et une cohérence d’action des pouvoirs publics, des fédérations patronales et des organisations syndicales représentatives des salariés ; une convergence en faveur des métiers salariés de la santé pour valoriser et reconnaitre l’engagement sans faille au service public de ses acteurs et garantir une pleine et entière démocratie sanitaire où à la juste attente des patients puisse répondre de façon pérenne l’expertise de haut niveau des professionnels du système de santé français.

 

PDF du communiqué

Pratiques avancées : ne pas innover au dépend de l'interprofessionnalité

 

Le CNKS se félicite de l’annonce de la mise en place de « pratiques avancées » référant à la loi de santé publique en 2016. (Le Quotidien du Médecin 07.03.2018, Hospimedia 09.03.2018). Le CNKS confirme son intérêt pour la pertinence de tels dispositifs, permettant une meilleure prise en charge des usagers, notamment en situations de fragilités, de chronicité, de grand âge et/ou de handicap. 

Pour autant, le CNKS s’étonne que ces dispositions innovantes ne concernent que la profession infirmer contrairement aux annonces et protocoles de coopération intégrant l’ensemble des paramédicaux. Le CNKS s’inquiète que plusieurs dispositifs présentés recouvrent des actes, activités ou prescriptions confiés AUSSI – de longue date - à d’autres professions. 

C’est pourquoi, le CNKS estime urgent et important de compléter le dispositif innovant de pratiques avancées avec les kinésithérapeutes salariés comme avec chacune des professions paramédicales, et ce de façon collégiale et interprofessionnelle.
Nous estimons que seule une convergence d’activités peut répondre aux enjeux de spécificité de chacune des professions et de sens collectif des professionnels de santé. 

En pratique, l’identification des actes spécifiques mais aussi des actes partagés permettra de trouver les réponses les plus adaptés aux enjeux de santé publique des patients et de fournir le socle des indispensables coopérations interprofessionnelles, sources de pertinence et d’efficience des soins par les patients d’une part et d’autre part de responsabilisation et de qualité de vie au travail pour l’ensemble professionnels de la santé. 

 

PDF du communiqué