La lettre et l'esprit du kinésithérapeute salarié

Le lien DE - MASTER préalable à toute avancée sur les PA a été clairement désapprouvé par l’assemblée générale du CNKS de septembre 2019 qui a mandaté le conseil d’administration pour en faire un sujet de table ronde des JNKS de novembre 2019 (cf.www.cnks.org et KA n°……) où les représentants du SNIFMK, du CNOMK et de la FNEK campèrent sur cette position … Depuis le printemps les discours changent et certaines organisations semblent avoir désormais le souci d’avancer … certaines ayant même affiché leurs préconisations de PA. Pour le CNKS ce sujet est urgent mais il est nécessaire de s’entendre sur les définitions et domaines que pourraient recouvrir ces PA, d’y travailler avec méthode et en adéquation avec les attentes des professionnels de terrain. Un groupe de travail d’une 15aine de professionnels salariés  y planche, une enquête est lancée …et ce sujet  sera à nouveau un sujet d’intervention à l’ordre du jour lors des JNKS 2020 (17 & 18 septembre 2020).

Un sujet que le CNKS - qui l’a inséré dans ses 7 impératifs pour le Ségur de la Santé (cf. Kinéscope La lettre n°3), espère bien qu’il devienne un sujet à l’ordre du jour des suites de cette concertation.

Un sujet particulièrement complexe et parfois, ou souvent, insuffisamment connu, appréhendé et maitrisé par les professionnels de terrain…et pour lequel les visions des représentants professionnels sont encore loin d’être harmonisées voire convergentes.

Un sujet complexe, une acception diaphane
Pratique(s)orientée(s), Pratique(s) exclusive(s), pratique(s) experte(s), pratique(s) spécialisée(s)... voire pratique(s) émergentes(s) ... sans oublier, plus ou moins associées au sujet,  pratique(s) d’accès direct, de première intention ... nombreuses expressions semblent vouloir désigner des pratiques qui seraient extra-ordinaires, c’est-à-dire au-delà des pratiques classiques ?  quotidiennes ? codifiées et référées au décret « relatif aux actes et à l’exercice de la profession » ? ...

 

Qu’est ce qui en ferait des Pratiques Avancées ? Qu’est-ce qui caractérise, singularise, distingue les pratiques « avancées » des pratiques « courantes » du MKDE ?

Cette complexité de dénomination par les professionnels d’une réalité quotidienne « très orientée » soit par goût, appétence, ou  par socio-démographie de la patientèle, ou par la densité ou la désertification, est un premier aspect non négligeable car il emmène plein de conséquences ;

mais il n’est pas le seul ; en effet un deuxième aspect de complexification est celui qui consiste à déterminer – au-delà des indications de la loi que nous verrons plus loin -  à quoi ces pratiques avancées doivent-elles être référées ?  aux champs de la kinésithérapie (musclosquelletique, cardio-respiratoire, ….) ?  ou aux disciplines et spécialités médicales (traumatologie, neurologie, cardiologie, pneumologie …) ? ou aux organes ? ou aux pathologies ? ou aux profils patients (aigus, chroniques, handicapés, dépendants, jeunes, personnes âgées ….) ? ou encore aux techniques (massage, mobilisation, électrothérapie, ou émergent le télé-soin …) ?

Un troisième niveau de complexification est celui qui pose la question de savoir si ces pratiques avancées sont à destinée de l’exercice salarié et de l’exercice libéral ? sont-elles les mêmes ? peut-on concevoir qu’elles ne soient  -de fait applicables - que dans un seul des deux modes d’exercice ?

Et … si par exemple elles s’appuient sur les champs kinésithérapiques peut-on concevoir que ce ne soit pas à tous les champs ? et ..si par exemple c’est sur les disciplines médicales (+ de 40 ) peut-on concevoir que ce ne soit pas à toutes ?

Mais si c’est tout à chaque fois … n’y a-t-il pas un risque in fine de créer autant de « spécialités » et donc de ne plus avoir de kinésithérapeutes « généralistes » qui en libéral dans certains territoires et en salarié dans certains établissements sont indispensables dans cette pratique générale, courante  ou « basique ». 

 

Un sujet ancien … depuis 40 ans !

En août1982 le CIPLE (comité permanent de liaison des enseignants … en soins infirmiers) souhaitait créer un « surveillant chef » capable d’encadrer toutes les professions paramédicales et faire reconnaitre « l’infirmier clnicien ». En réponse l’AG d’octobre 1982 du SNKS propose « la formation cadre interpro, la direction des activités paramédicales accessible à tous les paramédicaux, et la reconnaissance de fonctions d’expertise pour tous les paramédicaux. Des revendications qui seront relayées par l’UIPARM entre autres.

Des propositions qui trouvent écho en 1991 pour l’expertise dans les accords Durieux avec expérimentations de 1995 à 1999, en 1995 avec la formation cadre interpro et en 2002 avec la Direction des soins ouverte à tous.

Retrouvez l’histoire de ces faits :  
cf. diaporama - > cnks.org  / onglet JNKS 2018

Un sujet déjà ancré par un cadre légal …

« L’article 119 de la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, crée l’article L.4301-1 du Code de la santé publique et introduit le principe de la pratique avancée des auxiliaires médicaux : Il définit l’exercice en pratique avancée par les auxiliaires médicaux au sein d’une équipe coordonnée par un médecin.

 Et renvoie la définition par décret : des domaines d’intervention en pratique avancée ; des conditions et des règles de l'exercice en pratique avancée ; de la nature du diplôme et de ses modalités d’obtention.

 La pratique avancée identifie des compétences, relevant réglementairement du champ médical, des connaissances et des modalités de travail interprofessionnelles nécessaires pour pratiquer des soins de santé à un niveau avancé par rapport aux compétences reconnues à un métier socle ». [source DGOS]

…. Qu’il convient de décliner habilement !

Une visée à poser : une ou des expertise(s) / pratique(s) avancée(s) --> pour … quoi ?

A ce stade pour le CNKS il s’agit de

  • reconnaitre et valoriser l’extension des possibles effectuables par les kinésithérapeutes, et donc de diversifier le plan de carrière
  • de garantir aux patients un  recours de prise en charge, orientation ou traitement, dans un cadre de pratiques graduées

Parmi les nombreuses questions à se poser - préalables incontournables - à  

  • la ou les PA ?
  • utile(s) ? nécessaire(s) ? indispensable(s) ?
  • Pratique(s) Avancée(s) en Kinésithérapie ou Kinésithérapeute en Pratique(s) Avancée(s) ?
  • une pratique avancée peut-elle / doit-elle être : technique ? technologique ? réflexive ou intellectuelle ? ou un mixte ?  ou …. ?

quelles forces et quelles faiblesses, quelles opportunités, quels risques ?  à faire émerger ces PA ?    PA / pratique courante ?  PA / recherche ? PA / enseignement ? PA / encadrement ?